Délégationde la Mayenne

Passage en Mayenne du témoin Caritas

« Il y a des pleurs et du sang dans nos portables ! »

Maître Déogratias Bashibirhana, membre de la commission Justice et Paix du diocèse de Bukavu, partenaire du Secours Catholique, en campagne d’action internationale dans les Pays de la Loire, nous interpelle sur la souffrance de la population vivant à l’est de la République démocratique du Congo.

Déogratias Bashibirhana, témoin Caritas de RD Congo.

En quinze ans de conflits armés, la République démocratique du Congo a fait près de 5,5 millions de morts autour de l’exploitation du coltan ; ce minerai qui intervient dans la fabrication des ordinateurs et téléphones portables, et dont la production mondiale vient à près de 83 % de l’est du Congo, en Afrique des grands lacs.

La République démocratique du Congo, anciennement Congo belge, puis Zaïre, dispose d’énormes potentialités minérales (or, diamant, cuivre, zinc, cobalt, étain, cassitérite, etc.) et agricoles pour répondre aux besoins fondamentaux de ses 71 millions d’habitants. Même son fleuve Congo à lui seul suffirait à fournir de l’électricité à toute l’Afrique.

Or ce pays a été complètement ruiné durant trente-deux ans de dictature et les rebellions qui ont suivi sa chute ont largement contribué à rendre l’État totalement fragile, en le laissant à la merci des groupes armés soutenus par des voisins et des multinationales qui convoitent ses énormes richesses, surtout dans sa partie est.

Tous ces groupes armés se livrent à des massacres réguliers des populations civiles, à l’exploitation des minerais dont ils contrôlent ensuite le circuit de commercialisation, ainsi qu’à de graves violations des droits humains dont les plus atroces sont les viols des femmes et des filles ainsi que le recrutement des enfants qu’ils exploitent ensuite dans les mines.

Malgré ses énormes richesses, la République démocratique du Congo est actuellement le dernier pays du monde en termes d’indices de développement humain : plus de la moitié de la population vit avec moins de 0,5 dollar américain par jour ; un fort taux de mortalité maternelle et infantile ; 40 % de la population a entre 0 et 15 ans et pourtant trois enfants sur dix seulement vont à l’école, car ce sont les parents déjà appauvris par ces guerres récurrentes qui paient les enseignants et soutiennent le fonctionnement des écoles ; etc.

Il faut donc une aide d’urgence pour soulager ces souffrances, mais surtout démanteler ces groupes armés qui n’arrêtent pas de tuer malgré la présence des casques bleus, arrêter ce pillage éhonté des ressources minières qui, au lieu de profiter aux populations contribuent à leur malheur, en dénonçant les paradis fiscaux et en promouvant une certaine éthique au sein des multinationales qui achètent ces minerais du sang. Il ne s’agit pas d’arrêter l’exploitation du coltan. Tout le monde, y compris le Congo, en a besoin pour le développement du monde. Il faut plutôt promouvoir son exploitation dans le respect des normes et de la souveraineté de la République démocratique du Congo.

Bien des choses sont donc à faire : le Secours Catholique-Caritas France appuie la Caritas Congo dans son travail et lui permet d’être proche de ceux qui sont loin et dépourvus de tout.

Déogratias Bashibirhana,
membre de la commission Justice et Paix du diocèse de Bukavu, partenaire du Secours Catholique-Caritas France

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